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Les Vagues / Theater Freiburg

  • Theater Freiburg 46 Bertoldstraße Freiburg im Breisgau, BW, 79098 Germany (carte)

GESTES

Les Vagues explore la manière dont les gestes peuvent évoquer et susciter des expériences corporelles, prolongeant ainsi les recherches menées dans mes pièces précédentes. Avec Mouvement sur mouvement, je me suis penché sur les gestes qui permettent d’expliquer d’autres mouvements et sur la différence entre ce qui peut être articulé sur le mouvement dans le médium même du mouvement et ce qu’il peut l’être par la parole. Dans Removing, j’ai exploré la possibilité de transformer la perception d’actions motivées par des buts pratiques, en empêchant le spectateur de les identifier immédiatement, ce qui rend possibles une autre lecture et une autre expérience de l’action. Avec Faits et gestes, je me suis concentré sur la manière dont un geste peut exprimer la sensation qu’entraine l’exécution d’un mouvement. Ce qui rassemble ces recherches multiples, c’est l’idée que le fait de suggérer ou de faire référence à un mouvement peut souvent donner à éprouver ce qui se joue dans la réalisation du mouvement de manière plus riche que lorsqu’il est simplement accompli.

J’aimerais dans ce nouveau projet réunir et prolonger ces multiples modes de référence au mouvement : symbole, structure spatiale, esquisse, amorce, commentaire ou correspondance physique entre deux mouvements. Cette approche est aussi liée à la question de la mémoire. Les gestes qui suggèrent un mouvement sans l’accomplir pleinement me semblent posséder une grande force évocatrice. Des impressions complexes, physiques, mais aussi psychologiques, peuvent être associées à une posture ou à un mouvement. En s’appuyant sur cette mémoire diffuse liée à des attitudes motrices, certains mouvements — un regard furtif, un brusque changement de direction, l’effort pour rediriger un élan ou pour rester en équilibre — peuvent entrer en résonnance avec des expériences antérieures chez le spectateur. Il ne s’agit pas de faire un mouvement qui rappelle explicitement tel ou tel événement, mais de construire des gestes qui par leurs aspérités sont à même d’activer notre mémoire corporelle avec toutes ses ramifications physiques et psychologiques. C’est par leur caractère incomplet, par le fait qu’ils sont toujours en relation avec quelque chose d’absent, que ces gestes peuvent devenir un support où se projettent ces expériences passées et mettre en mouvement l’histoire physique du spectateur.

 

COMPOSITION

La composition se développe en improvisant avec des phrases de mouvements définies et de simples règles d’interaction. Je ne chorégraphie pas la pièce de l’extérieur en décidant ce que doit faire chaque danseur à chaque instant, mais j’ajuste différents paramètres pour créer un état spécifique sur scène : le nombre de danseurs, la nature et le nombre de phrases chorégraphiques utilisées ainsi que les règles d’interaction. Cela produit une composition décentralisée où les danseurs font des ajustements en temps réel par rapport à tout ce qui se produit autour d’eux : ils décident soudainement de rejoindre un danseur dans une phrase, de créer un canon ou un contrepoint, de couper ou de réagencer une phrase existante, de s’arrêter, de modifier leur orientation… Cette approche de la chorégraphie crée un niveau de complexité qui ne pourrait jamais être atteint avec une composition centralisée. Comme les phrases sont clairement définies, les décisions multiples prises par les danseurs demeurent lisibles et le spectateur peut accéder à cette complexité organique. Le résultat de ces improvisations est ensuite capturé et fixé le plus précisément possible.

La création musicale suit le même processus que la chorégraphie. Les matériaux musicaux sont produits comme les gestes qui font référence à d’autres mouvements : avec deux percussionnistes de l’Ensemble Ictus — Tom de Cock et Gerrit Nulens — nous explorons les multiples relations qui peuvent exister entre une phrase musicale et une phrase de mouvements. Une fois les phrases musicales écrites, elles interagissent avec les phrases de mouvement au sein des structures d’improvisation de la pièce. Cela crée une structure musicale et chorégraphique où la danse et la musique interagissent sans être assujetties l’une à l’autre : nous chorégraphions la musique comme nous composons la danse.

 

GÉNÉRIQUE

Chorégraphie : Noé Soulier
Avec Stephanie Amurao, Lucas Bassereau, Meleat Frederikson, Yumiko Funaya, Anna Massoni et Nans Pierson
Musique : Noé Soulier avec Tom de Cock et Gerrit Nulens de l’Ensemble Ictus

Production : ND Productions (Paris)
Coproduction : Tanz im August / HAU Hebbel am Ufer, Berlin (DE) ; La Place de la Danse – CDCN Toulouse / Occitanie (FR) ; Chaillot – Théâtre national de Chaillot, Paris (FR) ; Festival d’Automne à Paris (FR) ; CN D Centre national de la danse, Pantin (FR) ; Opéra de Lille (FR) ; Theater Freiburg (DE) ; Teatro Municipal do Porto (PT) ; Kaaitheater Bruxelles (BE) ; PACT Zollverein, Essen (DE)
Avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication au titre de l’aide à la structuration
Noé Soulier est artiste associé au CDCN Toulouse / Occitanie pour la période 2016-2018
Noé Soulier est artiste associé au CN D Centre national de la danse

Évènement antérieur: 25 avril
Les Vagues / CCNO - Scène nationale d'Orléans