PERFORMING ART


UNE EXPOSITION CHORÉGRAPHIÉE

Performing Art est une exposition chorégraphiée. Elle consiste en l'installation et l'agencement d’œuvres plastiques dans un espace scénique. La dimension temporelle du montage et de la présentation des œuvres est centrale. Dans un espace d’exposition traditionnel, les œuvres demeurent disponibles pour le visiteur, il peut passer d’une salle à une autre et décider de retourner vers une pièce qu’il a déjà observée. Souvent, lorsque la danse est présente dans l’espace du musée, elle s’adapte à cette temporalité et à cette exigence de disponibilité de l’œuvre. Des équipes de performeurs se relaient alors pour que l’œuvre soit toujours accessible. J’aimerais renverser cette logique en imposant la temporalité du spectacle à une exposition. Le temps pendant lequel on peut observer chaque œuvre sera déterminé. La présentation de l’œuvre devient un événement éphémère, et ce caractère éphémère lui confère une importance et un aura particuliers.

La manière dont les œuvres se succèdent et cohabitent dans un même espace pendant ce temps déterminé peut permettre de modifier l’interprétation et l’expérience que l’on en fait. Assister à l’installation d’une œuvre transforme radicalement la manière dont on l’appréhende en faisant apparaître les différentes étapes du processus qui permettent sa présentation. Les œuvres seront choisies suivant les mouvements que suscite leur installation : cadre à installer au mur, sculpture, installation composée de nombreux éléments, néons… Le poids, la fragilité, la complexité et le temps de montage de l’œuvre sont autant de facteurs qui peuvent transformer radicalement ces actions. Cette manière de se pencher sur les œuvres créera une sélection particulière au sein des collections du musée. L’installation d’une œuvre peut occuper une durée importante et constituer ainsi une action de fond sur laquelle se greffe les autres installations. Deux installations peuvent être concomitantes ou décalées. La dramaturgie de la pièce sera construite par la succession et la superposition des différents processus d’installation. Les œuvres ne seront pas simplement utilisées comme des matériaux pour créer une performance. Au contraire, je m’efforcerai de les rendre visibles en tant qu’œuvres et d’accorder le temps nécessaire pour pouvoir les observer afin de maintenir l’hybridité entre exposition et chorégraphie.

Les actions des régisseurs sont à la fois des événements appartenant à une performance et des actions extrêmement précises sur des objets de valeur. Elles visent donc à la fois les conséquences qu’elles entraînent sur l’objet et l’action elle-même en tant qu’événement. Cette double contrainte affectera profondément ces actions. Les régisseurs n’agiront pas comme ils le feraient si l’installation n’était pas réalisée devant un public, mais ils devront aussi s’efforcer de manipuler les œuvres avec une grande précaution de manière à ne pas les endommager. Il est impossible de vraiment réaliser une action motivée par un but pratique sur scène, car, dès que l’on réalise une action sur scène, c’est l’action elle-même en tant qu’événement et non le but pratique qui la motive que l’on cherche à produire. Le but pratique (déplacer une chaise, traverser la scène, etc.) devient un moyen pour produire une action spécifique et ce n’est donc pas véritablement le but pratique qui motive l’action. Mais, dans Performing Art, du fait de la valeur intrinsèque des œuvres, les buts que se donnent les régisseurs ne pourront pas être uniquement des moyens pour produire des événements appartenant à une performance. Dans la mesure où ils doivent veiller à la pérennité des œuvres, ces buts pratiques seront importants indépendamment de la performance elle-même. Avec cette double contrainte, j’essaie ainsi de m’approcher le plus possible de ce que pourrait constituer l’acte paradoxale de faire une action orientée vers un but pratique sur scène.

La notion de valeur est au cœur de pièce. Les actions effectuées sur scènes seront profondément affectées par la valeur artistique, patrimoniale et économique des objets. Le soin particulier, les précautions multiples (gants blancs, mousses, protections, boîtes, répétitions préalables des mouvements de transports, tension physique et psychique lors de la manipulation de l’objet…) rendent perceptible cette valeur. Elle prend une forme sensible à travers les comportements et les gestes qu’elle suscite.

 

CALENDRIER

22-23 mars 2019 : Kaaitheater – Brussels

13-15 septembre 2017: Centre Pompidou – Festival d’automne à Paris

GÉNÉRIQUE

Création : Noé Soulier
Avec Caroline Camus Caplain et Aurélie Gavelle du Centre Pompidou, Théo Duporté, Simon Lepeut, Malak Maatoug, Todd Narbey, Vincent Robert, Heiner Scheel de Globart / Monin et Saber Lakhdari de Arôm Paris
Conseil curatorial : Marcella Lista
Lumières : Victor Burel et Noé Soulier

Production : ND Productions (Paris), Alma Office / Anne-Lise Gobin
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre de son programme New Settings Coproduction : La Place de la Danse – CDCN Toulouse / Occitanie (FR) ; CND Centre national de la danse, Pantin (FR) ; Musée national d’art moderne Centre Pompidou, Paris (FR) ; Les Spectacles vivants – Centre Pompidou, Paris (FR) ; Festival d’Automne à Paris (FR)
Coréalisation Les Spectacles vivants – Centre Pompidou, Paris (FR) ; Festival d’Automne à Paris (FR)
Avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Île-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication au titre de l’aide à la structuration
Noé Soulier est artiste associé au CDCN Toulouse / Occitanie pour la période 2016-2018
Noé Soulier est artiste associé au CN D Centre national de la danse